« L'envers des paysages»

『風景の裏側』に就いて 山田勇男
クロディーヌさんと彼女の故郷ボージュを訪ねた。
彼女は携帯電話で印象的な風景を何枚も写真におさめ、
私はモノクロームの8ミリフィルムを廻した。
クロディーヌさんの作品のひとつの系譜に、
幼年期の家族や自身の写真を素材にして描かれた心象風景の絵がいくつもある。
まるで夢の中を訪ねたような風景の印象が残る。
私は個人で映画を撮り始めた頃、家族や自分の影を無意識に撮っていたが、映写された向こう側の世界は
「何もかもが“どこでもない”所へ遠去かりつつあるような雰囲気」(注1)だった。
クロディーヌさんの作品と出会ったことで、
私の記憶の風景が、ただの具体的な風景ではなく、
夜の向こう側を感じるような、夢の奥行きを感じさせるような気配となった。
クロディーヌさんの絵には一貫した色調の魅力がある。
「色彩は思考され、想像され、夢みられなくてはならない」(注2)ことを気づかされた。
それは「色彩」ではなく、ひたすら「陰影」のみ!
ヴェルレーヌがひたすら求めた詩法でもあった。
昨年の秋、ボージュで撮影したフィルムを現像所に出し、デジタルに変換。そこから30点、コマを抜き、具体的な展示サイズに写真プリントした。そして12点選び出し、紙質を選び、プリントアウトを業者に依頼。
ここから個人の制作になる。
記憶の懐かしさを出すために、髪の色合いを紅茶と珈琲を混ぜ、
手本として日本の江戸時代の絵師、歌磨の版画の和紙の色に近づけた。次に、日本画で使う貝の粉でできた胡粉という絵具に、銀墨汁を混ぜ二度塗り。
銀は歴史的にフィルムやスクリーンに発色を良くするために使用されていた。
白いスクリーンに、うっすら浮かぶ幼年期の記憶としての風景。
モノクロームが極彩色に変わる「すべてが曖昧模糊として、その中から立ちのぼる幻のような存在」(注3)にすること。
消すことで、浮かび上がる痕跡。
幼年の時に見た、はじめての風景のように。
ステファニーさんが解説につけたタイトル『風景の裏側』は、
私にとって、とても具体的な暗示をもたらせた。
方法といってもいい。
風景に溶け込んでいる幼年期の印象や、感覚を発見する純粋な「できそこないの真面目さ」(注4)で、色や形をありのままではなく、心象の反映としてみることだった。
「どうせ消えちゃうパステル描きだよ。」
ジュール・ラフォルグの詩である。
命や虹のように、はかないパステルと沈黙で仕上げた
パステルも映画フィルムも、粒子で、どこか郷愁的であるところがいい。
クロディーヌさんが以前、ピカソのゴム手袋の裏側の話について語っていたことを思い出した。風景の裏側はどうなんでしょう?
森は7枚。虹は7色。色を印象で彩色する。湖は5枚。五色には、五色石、五色気、五色筆とあり、めでたい色として使われている。そこで青、黄、赤、白、黒の五つの色を印象で彩色した。
52センチ× 38センチ。マット紙。
注1:稲垣足穂『美のはかなさ』
注2:ギュスタフ・モロー
注3:白州正子『両性具有の美』
注4:宮川淳 『紙片と眼差しとの間』
« L'envers des paysages» Isao Yamada
Je me suis rendu dans les Vosges, la région natale de Claudine.
Elle a pris de nombreuses photos de paysages saisissants avec son téléphone portable, tandis que j’ai tourné quelques séquences en noir et blanc sur pellicule 8 mm.
Une partie de l’œuvre de Claudine se compose de nombreuses peintures représentant des paysages intérieurs, créés à partir de photographies de sa famille et d’elle-même datant de son enfance. Elles donnent au spectateur l’impression d’avoir visité un paysage onirique.
Lorsque j’ai commencé à réaliser des films tout seul, je filmais inconsciemment les ombres de ma famille et de moi-même, mais le monde de l’autre côté de l’écran dégageait « une atmosphère comme si tout s’éloignait peu à peu vers un lieu qui n’est “nulle part” » (1).
La découverte de l’œuvre de Claudine a fait que les paysages de ma mémoire ne sont plus de simples scènes concrètes, mais ont pris un caractère qui laisse entrevoir ce qui se cache au-delà de la nuit, évoquant la profondeur d’un rêve.
Il y a un charme constant dans la palette de couleurs des peintures de Claudine. Cela m’a fait prendre conscience que « la couleur doit être pensée, imaginée et rêvée » (2). Ce n’est pas du tout de la « couleur », mais uniquement des « nuances » ! C’était là aussi la technique poétique que Verlaine recherchait avec tant d’ardeur.
L’automne dernier, j’ai apporté la pellicule que j’avais prise dans les Vosges à un laboratoire pour la faire développer et numériser. À partir de là, j’ai sélectionné 30 clichés et les ai fait imprimer aux formats spécifiques à cette exposition. J’en ai ensuite choisi 12, j’ai sélectionné le type de papier souhaité et j’ai confié la réalisation des tirages à un imprimeur photo professionnel.
À partir de là, cela s’est transformé en un processus créatif personnel.
Pour évoquer un sentiment de nostalgie, j’ai mélangé les couleurs des cheveux avec un mélange de thé noir et de café, en les rapprochant autant que possible de la couleur du papier washi utilisé dans les estampes sur bois de l’artiste japonais Utamaro, de l’époque d’Edo.
J’ai ensuite appliqué deux couches de gofun — un pigment obtenu à partir de coquillages broyés et utilisé dans la peinture japonaise — mélangé à de l’encre argentée. Historiquement, l’argent était utilisé pour améliorer la reproduction des couleurs sur les pellicules et les écrans.
Des paysages issus de mes souvenirs d’enfance, émergeant faiblement sur un écran blanc.Le monochrome se transforme en couleurs vives. L’objectif était de créer « un monde où tout est vague et indistinct, d’où émerge une présence fantomatique » (3).
Des traces qui apparaissent à travers l’effacement.
Tout comme le tout premier paysage que j’ai vu dans mon enfance.
Le titre «L'envers des paysages», tel que décrit dans le commentaire de Stéphanie, m’a offert une suggestion très concrète. On pourrait même parler d’une méthode.
Il s’agissait de considérer les couleurs et les formes non pas telles qu’elles sont, mais comme des reflets d’images mentales, avec un « sérieux à demi-fait » (4) qui découvre les impressions et les sensations de l’enfance mêlées au paysage.
« Ce n’est qu’un dessin au pastel qui s’effacera de toute façon. »
C’est tiré d’un poème de Jules Laforgue. Je l’ai achevé avec des pastels éphémères et le silence, un peu comme la vie ou un arc-en-ciel. Que ce soit les pastels ou la pellicule cinématographique, ce sont ces grains qui leur confèrent un côté quelque peu nostalgique, et c'est ce qui fait leur charme.
Je me suis souvenue d’une remarque que Claudine avait faite un jour à propos de la face intérieure des gants en caoutchouc de Picasso. Qu’y a-t-il de l’autre côté d’un paysage ?
Il y a sept forêts. Un arc-en-ciel comporte sept couleurs. Je les ai colorées selon mes impressions. Il y a cinq lacs. Les cinq couleurs — représentées par la pierre aux cinq couleurs, les esprits aux cinq couleurs et le pinceau aux cinq couleurs — sont considérées comme des couleurs de bon augure. Je les ai donc colorées selon mes impressions en utilisant ces cinq couleurs : bleu, jaune, rouge, blanc et noir.
52 cm × 38 cm. Papier mat.
1 : Taruho Inagaki, La fugacité de la beauté
2 : Gustave Moreau
3 : Masako Shirasu, La beauté de l’androgynie
4 : Jun Miyakawa, Entre une feuille de papier et un regard